Maïmouna N’Diaye, «l’héroïne du cinéma africain», est membre du jury du Festival de Cannes

Maïmouna N’Diaye siège dans le jury de cette 72ème édition du Festival de Cannes aux côtés, entre autres, d’Elle Fanning, actrice ayant joué dans le film The Neon Demon et de Robin Campillo, réalisateur du film 120 battements par minute.

Elle est née à Paris, avant de partir vers la Guinée-Conakry, où elle passera son enfance. Franco-guinéenne, elle grandit auprès de son père, sénégalais et de sa mère, nigériane. C’est à Paris qu’elle choisit de faire ses études, à la Sorbonne nouvelle. Les cours de théâtre forgeront ses débuts. Après avoir obtenu son Diplôme d’Etudes Théâtrales Spécialisé, la jeune femme se tourne vers la  comédie. En 1989, elle jouera « Bac ou Mariage », une pièce de théâtre qui fera l’ouverture du festival de Berlin en 1990.

Par la suite, la comédienne réalise quelques documentaires, dont Tranches de vie, produit en 2008, où elle aborde le quotidien des habitants ivoiriens face à la crise qui agite leur pays. Elle compte à son actif une quarantaine de projets environ, des pièces de théâtre, des séries télévisées, des films… La jeune femme ne s’impose pas de barrières. Et des obstacles, Maïmouna N’Diaye en a connu. S’imposer comme figure-clé du cinéma africain n’est pas simple lorsque le milieu est principalement masculin. Très investie dans ses projets, elle tend à utiliser ses films comme porte-voix pour des causes peu abordées.

Maïmouna N’Diaye aborde le sujet du Sida en 1996, lorsqu’elle joue dans le film Tèmèdy. Ambassadrice du cinéma africain, elle se définit comme panafricaine.  Dans son dernier film L’oeil du cyclone, sorti en 2016, elle se mue en une avocate portée par ses idéaux. Le présumé coupable que l’actrice défend est un rebelle accusé de crime de guerre. Ce film a reçu sept distinctions lors du Africain Movie Academy Award, dont l’Award de la meilleure actrice principale pour Maïmouna N’Diaye.


Avec RFI, Reuter image– Femininonline – mai 2019