La scientifique en sciences de l’agriculture Bernice Armelle Bancole nous parle de l’OWSD

Je suis originaire du Bénin, un pays francophone d’Afrique occidentale. J’ai fait mes études de premier cycle et ma maîtrise au Bénin. Comme j’en ai fait l’expérience, il est très difficile pour les femmes béninoises de choisir la profession de scientifique. Choisir de devenir scientifique implique beaucoup de sacrifices. Toutes les barrières culturelles et les stigmates auxquels fait face la femme béninoise qui choisit cette profession pourraient vous empêcher de réaliser ce rêve.

Pour moi, l’Organisation des femmes scientifiques du monde en développement (OWSD) est apparue comme « le rêve tant attendu ».

La bourse OWSD m’est arrivée au moment exact où j’étais sur le point d’abandonner mon rêve. Avec OWSD, mon rêve de faire mon doctorat dans une très bonne université, avec un superviseur de renommée mondiale et en particulier dans un environnement anglophone, sans aucun stress financier, est devenu une réalité.

Mes recherches portent sur une nouvelle approche de la lutte antiparasitaire qui permettra d’éradiquer la sur-utilisation des pesticides dans nos pays africains. J’utilise le champignon entomopathogène Beauveria bassiana comme méthode de lutte biologique pour lutter contre les foreurs de tiges (Chilo partellus Swinhoe et Sesamia calamistis Hampson) qui ont un impact économique important car ils touchent plusieurs cultures de céréales (sorgho, riz, maïs). Ils peuvent causer des pertes de 40 à 70% dans toutes les cultures de céréales, ce qui a un impact important sur la sécurité alimentaire en Afrique.

L’objectif principal de ma thèse était de trouver une souche de Beauveria bassiana pouvant vivre plus de 30 jours dans les tissus (racines, tiges et feuilles) des cultures en tant qu’endophyte et protéger ainsi les cultures contre les attaques des deux foreurs. À ce jour, j’ai découvert un certain nombre de souches endophytes qui vivent dans les tissus des deux plantes – notamment leurs tiges – pendant au moins 60 jours. J’ai réussi à isoler, à tester et à profiler de nouvelles souches de biocontrôle sur le sorgho et le riz susceptibles de contrôler les deux tiges de ces plantes céréalières.

À la fin de mon doctorat, l’un de mes rêves les plus importants consiste à ouvrir au Bénin une fondation pour l’éducation qui aidera les jeunes femmes de familles à faible revenu à poursuivre des études scientifiques jusqu’au doctorat. J’ai également lancé le processus de création d’une section nationale de l’OWSD au Bénin, car il n’en existe pas actuellement. Cela contribuera à sensibiliser davantage de jeunes étudiantes à l’existence de l’organisation et aidera celles qui souhaitent poursuivre leurs études en sciences à postuler à la bourse OWSD, comme je l’ai fait auparavant. Je serai toujours reconnaissante à chaque membre de l’OWSD pour ce qu’elles ont fait pour moi et pour beaucoup d’autres jeunes femmes africaines.

Visitez le site l’Organisation des femmes scientifiques du monde en développement (OWSD)


Unesco- femininonline – Février 2019