Guinée – Mariam Mohamed Keita pave les rues de Conakry avec du plastique recyclé

A Conakry, les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement sont bouchés par des ordures déversées par les habitants. La Guinée produit près de 500.000 tonnes de déchets plastiques par an. Des déchets abandonnés à l’air libre sans aucune politique de collecte, de transformation et de recyclage, selon des observateurs.

Des ordures un peu partout dans la capitale: il s’agit d’une opportunité d’affaires pour Mariam Mohamed Keita et ses employés que nous rencontrons dans les rues de la haute banlieue de Conakry.

Mme Keita, directrice de Binedou Global Service (BGS), confie à VOA Afrique que « cette étape consiste à faire la collecte des plastiques ». « On a besoin de tous les plastiques; ensuite on les met dans les sacs et on les envoie dans notre atelier. »

Une fois les sacs pleins, les « femmes plastiques« , comme elles sont surnommées sur place, sont de retour à l’atelier. Le processus de fabrication commence par le tri des plastiques, puis il faut les peser avant de les mettre dans une cuve posée sur le feu de bois. Vingt kilos de plastiques et dix kilos de sable sont mélangés pour obtenir une matière noire qui sera ensuite coulée dans des moules.

Chaque brique fabriquée est une réponse qu’apporte la directrice de Binedou Global Service aux nombreuses questions de voiries.

« Ma formation en esprit d’entreprise m’a permis de savoir qu’une frustration peut devenir une opportunité d’affaires« , explique Mariam. « J’ai commencé à penser aux recyclages des déchets plastiques. Des déchets qui me frustrent dans le quartier. Après analyse, j’ai constaté que le recyclage des déchets plastiques peut répondre à plusieurs besoins ».

Ibrahim Camara est l’un des deux hommes employés par Binedou Global Service. Pour lui, les pavés fabriqués par l’entreprise pourraient être un soulagement pour les habitants de Conakry.

Il est d’avis que « le souci de tout le monde, y compris le président de la République, c’est comment résoudre le problème des ordures. Ce que nous faisons est l’une des solutions à ce problème« .

Neuf mois après sa création, l’entreprise BGS peine à produire en grande quantité. Elle n’a pu produire et vendre qu’un peu plus de cinq cent mètres carrés. Malgré tout, Mariam n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

« Les fumées nous fatiguent. Nous avons besoin de machines. La machine nous aiderait pour le mélange et le broyage« , souligne-t-elle.

BGS emploie cinq personnes dont trois femmes. Même si l’objectif est économique avec un mètre carré de pavés vendu à cinquante mille francs guinéens, apporter une solution au problème de gestion des ordures dans la capitale est aussi une satisfaction pour la jeune entreprise.


Zakaria Camara / VOA – femininonline – Février 2019