« La femme incarne l’avenir et la durabilité » Leymah Roberta Gbowee

Invitée du cycle de conférences Kofi Annan de la Banque africaine de développement (BAD), Mme Gbowee a défendu cette position en mettant en scène le potentiel sous-estimé des activistes de base dans le rétablissement de la paix au Liberia englué dans une guerre civile meurtrière. Elle développait le thème « Militantes de base: le pouvoir sous-estimé ».

Mme Gbowee a relevé que l’engagement et l’implication de ces militantes de base ont permis de contraindre les protagonistes du conflit libérien de négocier des accords de paix et de les mettre à exécution. Selon elle, le cas pratique du pouvoir sous-estimé des militantes de base dans le retour de la paix au Liberia démontre que l’Afrique regorge de femmes influentes.

Mme Gbowee a expliqué que les femmes ont le pouvoir de transformation de leurs communautés et du monde. Elle a recommandé que les compétences des femmes soient valorisées et mises à contribution dans les projets de la BAD, parce qu’elles représentent l’avenir et la durabilité.

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, a souligné dans son mot d’introduction qu’il croyait fermement au pouvoir des femmes et que son institution s’en est approprié en créant non seulement un département dédié au genre, mais aussi la promotion des femmes dans le top management.

Mme Gbowee est la fondatrice et présidente de Gbowee Peace Foundation Africa (GPFA). Elle est une militante pour la paix, une travailleuse sociale dûment formée et une défenseure des droits de la femme.

Elle dirige l’initiative Vérité et Réconciliation du Liberia, et est co-fondatrice et directrice générale du Réseau des femmes africaines pour  la  paix  et  la  sécurité  (WIPSEN-A).  Enfin, Mme  Gbowee  est  aussi  membre  fondateur  et  ancienne coordinatrice  du  Réseau  des  femmes  dans  la  consolidation  de  la  paix/Réseau  ouest-africain  pour  la consolidation de la paix (WIPNET/WANEP) au Liberia.

Avec l’ancienne présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf et la militante yeménite Tawakkol Karman, elle obtient le prix Nobel de la paix 2011 pour avoir « mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses afin de mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections »

Initié depuis 2006 par l’Institut africain de développement de la BAD, le cycle de conférences Kofi Annan reçoit d’éminentes personnalités pour partager les idées sur les défis du développement du continent.


Avec PANAPRESS – femininonline – décembre 2018