L’ONU appelle à autonomiser les femmes et les filles atteintes d’autisme

2 avril 2018 – En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné combien il était important d’autonomiser les femmes et les filles atteintes d’autisme. Il s’agit du thème de la célébration de la Journée cette année au siège des Nations Unies à New York.

« Ces femmes et ces filles rencontrent de multiples difficultés, qui entravent notamment leur accès à l’éducation et à l’emploi sur un pied d’égalité avec les autres, elles se voient privées de leurs droits en matière de procréation et de leur liberté de faire leurs propres choix, et ne participent pas à la prise de décisions qui les concernent », a souligné M. Guterres dans un message.

« Notre action en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de la femme doit s’étendre à toutes les femmes et les filles dans le monde, et les mesures que nous prenons pour atteindre les objectifs de développement durable doivent nous permettre de tenir la promesse inscrite au cœur du Programme 2030, celle de ne pas faire de laissés-pour-compte », a-t-il ajouté.

En cette Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, le Secrétaire général a souhaité réaffirmer l’engagement de l’Organisation « à promouvoir la pleine participation de toutes les personnes atteintes d’autisme et à faire en sorte qu’elles disposent d’un appui qui leur permette d’exercer leurs libertés et leurs droits fondamentaux ».

Altération du comportement social, de la communication et du langage

Les troubles du spectre autistique regroupent un ensemble d’affections caractérisées par un certain degré d’altération du comportement social, de la communication et du langage, et par la modicité des centres d’intérêts et des activités, qui sont spécifiques à la personne et répétitifs. Ils apparaissent dans l’enfance et ont tendance à persister à l’adolescence et à l’âge adulte. Dans la plupart des cas, l’affection se manifeste au cours des 5 premières années de l’enfant.

Les personnes atteintes de troubles du spectre autistique sont souvent victimes de stigmatisation et de discrimination, étant par exemple injustement privées de soins, d’accès à l’éducation et de possibilités de participer à la communauté.

À l’unanimité, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 2 avril Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme afin d’appeler l’attention sur la nécessité d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes, afin qu’elles puissent mener une vie riche et épanouie en faisant partie intégrante de la société.

Plus d’un milliard de femmes n’ont pas de protection juridique contre les violences sexuelles conjugales

Plus d’un milliard de femmes ne bénéficient pas d’une protection juridique contre les violences sexuelles conjugales ou intrafamiliales et près de 1,4 milliard de femmes ne sont pas protégées par la loi contre les violences économiques au sein du couple, selon une récente étude de la Banque mondiale intitulée ‘Les Tendances mondiales et régionales de la protection juridique des femmes contre la violence domestique et le harcèlement sexuel’.

Les violences économiques consistent à exercer un contrôle sur la femme en limitant son accès aux ressources économiques comme l’accès à des ressources financières, à l’éducation ou à l’emploi, à des fins d’intimidation ou de menace. En outre, le harcèlement sexuel au travail, en milieu scolaire ou dans l’espace public n’est souvent pas réprimé par la loi.

Violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques : les violences faites aux femmes revêtent des formes multiples. Elles ont des conséquences importantes et parfois dramatiques sur la santé mentale et physique des victimes.

Ces violences ont pour effet d’accroître l’absentéisme féminin au travail et de limiter la mobilité des femmes, ce qui réduit leur productivité et leurs revenus. Les risques d’agression à l’école favorisent l’abandon scolaire chez les filles, tandis que les femmes, privées de libre arbitre au sein du ménage, ne sont pas en mesure de recourir aux services dont elles ont besoin.

Une épidémie mondiale

« La violence envers les femmes et les filles est une épidémie mondiale qui met en péril leur vie et qui a de lourdes conséquences non seulement sur les premières concernées, mais aussi sur leurs enfants et leur communauté. Il est indispensable de lutter contre ce fléau pour pouvoir développer le capital humain des femmes, libérer leur potentiel et accroître leur contribution à la croissance économique », rappelle Quentin Wodon, économiste principal à la Banque mondiale et co-auteur de l’étude.

L’élimination d’ici 2030 de toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles et de toutes les pratiques qui leur sont préjudiciables (comme le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et les mutilations génitales) figure parmi les cibles des Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies.

Au-delà de leur valeur intrinsèque, ces deux cibles sont importantes pour la réduction de la pauvreté et de l’inclusion sociale. À l’école, par exemple, la lutte contre le harcèlement sexuel peut améliorer la scolarité des filles et leur niveau d’instruction, et, par conséquent, leur permettre d’accéder à des revenus plus élevés à l’âge adulte.

« Alors que l’existence de lois contre les violences envers les femmes est un premier pas important pour garantir leur protection, cet arsenal juridique est encore très faible dans de nombreux pays », souligne Paula Tavares, spécialiste en droit et en question de genre à la Banque mondiale et co-auteure de l’étude.


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