Las patronas: un sujet sur l’immigration proposé par Mahé Elipe

La photographe Mahé Elipe a découvert l’existence du village de La Patrona, près d’Amatlan dans l’État de Veracruz, au sud du Mexique, grâce à une qu Touzi qu’elle a rencontré le métro en 2016. Cette femme, faisait partie des volontaires qui prêtent main-forte à « Las Patronas », un groupe de femmes qui, depuis 1995, vient en aide aux migrants d’Amérique centrale (Honduras, Salvador, Guatemala) qui tentent le long et périlleux voyage vers les États-Unis en se hissant sur « La Bestia », un long train de marchandises qui traverse le Mexique, du sud au nord.

Initialement rejetée par les locaux, leur action a finalement obtenu gain de cause après dix années d’efforts. Les patronas sont aujourd’hui respectées dans le pays et ont attiré l’attention de nombreux médias et politiques.

Une popularité qui n’a rien changé à leur combat : depuis 21 ans, leurs journées sont toujours occupées par leur désir de venir en aide aux migrants affamés qui fuient la violence des gangs et le manque d’opportunités. Une chose normale pour Norma Romero : « Pour chaque jeune homme ou femme qui voyage sur ce train, il y a une mère qui souffre et prie pour son enfant. Quand nous les voyons, cela nous fait penser à nos enfants et nous donnent envie de les aider. »

C’est au sein d’une ancienne usine d’huile, transformée en refuge, que les patronas cuisinent les précieux sacs de nourritures.

Dès le matin, quelques unes partent récolter les dons et les invendus des supermarchés alentours, tandis que le reste s’attaque à la préparation des repas. Riz, haricots, pain, tortillas, pâtisseries et bouteilles d’eau seront distribués aux migrants accrochés au train en marche en l’espace de 5 minutes, mais l’attente du train est longue.

«On ne sait jamais quand le train va passer, explique Bernarda, l’une des patronas. Il n’a pas d’horaire précis, et on l’entend parfois arriver de façon totalement inattendue, parfois de nuit, ce qui nous laisse très peu de temps pour courir à sa rencontre. »

Seules certitudes pour ces bénévoles: jusqu’à 3 trains par jour, un qui-vive permanent et le geste d’amour à l’arraché sur le bord des voies.


Avec Mahé Elipe www.mahelipe.com – femininonline – Novembre 2016